Sophie Verbeek
... pour accéder à une forme d'écriture plus poétique
 
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for Art and Creativity…
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calligraphy room
France (France) 




français
Sophie Verbeek est née en 1962. Elle déménage en Italie, puis en Angleterre où dès l'âge de 15 ans, elle s'initie à des techniques diverses comme le dessin, l'aquarelle, la couture et la gravure sur linoléum. Après des études de commerce à Reims et à Londres, elle suit des cours d'histoire de l'Art à Dijon, qui lui font découvrir des artistes comme Dotremont, Hartung ou Alechinsky. Son intérêt pour l'expression graphique se concrétise quand elle découvre la calligraphie contemporaine en Belgique avec Roger Willems. En parallèle, elle intègre un atelier de peinture. Elle participe alors à plusieurs stages en Belgique, en France et en Angleterre qui lui font découvrir divers aspect du graphisme. Sa rencontre avec Brody Neuenschwander, est déterminante. Il l'initie à la libération de la trace et au "lâcher prise", tous deux nécessaires pour accéder à une forme d'écriture plus poétique. Pendant dix ans, elle participe au groupe des Doigts Noirs, qui lui ouvre encore d'autres possibilités graphiques. Elle poursuit alors ses recherches personnelles, basées sur l'expression du geste, le graphisme, la couleur et la conception de l'espace.

Aujourd'hui, elle vit à Thoiry, près de Genève avec son mari et ses deux filles. Elle a exposé en France, Belgique, Suisse, Angleterre, Italie et aux États-Unis dans des expositions personnelles et collectives.

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Ces Quelques Fleurs du mal ...
Pour le 150ème anniversaire de la première parution du chef-d’œuvre de Baudelaire, voici un livre-objet d’une rare beauté.
Sophie Verbeek est membre de Doigts Noirs. Un collectif de calligraphes qui travaillent à inventer de nouvelles formes picturales. Née en 1962 et destinée à une carrière commerciale, et quitte tout pour se tourner vers le monde artistique. C’est en 1996 qu’elle s’initie à la calligraphie contemporaine. Sur les conseils de l’artiste belge Roger Willems elle découvre sa vocation. Se plongeant un beau jour dans le recueil de Baudelaire, elle a une révélation. Un choc. Les mots la nourrissent. Les jours passent. Les semaines. Les mois. L’envie prend corps. Le désir s’épanouit. La fusion des mots et des formes donnèrent 42 calligraphies magistrales. Les mots furent le terreau de la recherche. La sensualité le paravent du rêve. La couleur le reflet de l’angoisse.
Usant de plusieurs techniques et de styles différents, Sophie Verbeek traduit le spleen baudelerien. Dans une symphonie truculente elle nous livre les éclairs du soufre. Dans ce gouffre qu’est Les Fleurs du Mal elle a su y tremper sa plume sans y laisser son âme. Fascinée par l’homme de lettres, elle se nourrira de son authenticité pour nous donner à réfléchir sur ses tracés ici exposés. Des cauchemars de Baudelaire, Sophie Verbeek tirera la beauté exorcisée. Car, si le poète est sceptique, il n’en demeure pas moins lucide. L’ironie de ses écrits ne nous ferme pas la porte du ciel. D’ailleurs ne l’interroge-t-il pas lui aussi ?
Travaillant essentiellement sur le bois et le papier, Sophie Verbeek parvient à ancrer ses calligraphies dans un univers brut. On est très loin des enluminures ou des soieries. Ici prévaut la réalité. Le tourment. La luxuriante volupté des images. Les planches en couleurs démontrent son attachement à Hartung. L’aquarelle qui sous-tend la calligraphie ouvre une autre porte. La lecture devient tridimensionnelle. Le poème. Le fond. La calligraphie. Alchimie tendre ou obscure. Parallèle ou distorsion. Fantasme ou griffure. Les sentiments s’animent comme les dessins. Ou devrai-je dire que les dessins ont des sentiments ? Nul doute qu’il se passe quelque chose. Ame sensible, attention au choc de l’après. Il y a un impact. L’inconscient vacille. D’emblée ou plus tard. Un livre vivant à accompagner lentement. De préférence avant de dormir. Pour mieux s’imprégner dans les limbes du sommeil des innombrables possibilités qu’il offre. Subterfuge à la mélancolie. Voyage à l’autre bout de soi-même. Abstraction.

Annabelle Hautecontre
journaliste free-lance
vendredi16 mars 2007